Amaury Cullard et Théodora Pavlova - Psychologues - Psychanalystes
L'Autisme

par Amaury Cullard

Comme praticien, j'adhère aux principes énoncés ci-après (cf.Travail et Ethique) et applique dans mon travail auprès de jeunes autistes l'éthique qui en découle. Le cas par cas et non la règle qui s'impose, l'apaisement plutôt que le silence forcé, l'invention à la place de la norme. 



Construction en carton réalisée avec un jeune garçon lors d'un atelierJe propose aux parents qui en exprimeraient le désir de me déplacer à domicile afin d'accompagner leurs enfants durant un temps spécifiquement planifié, un atelier, une activité en lien avec les intérêts de ce dernier. 

Pour tout renseignement complémentaire, n'hésitez pas à me contacter.



Atelier construction en cartonMême atelier avec un autre enfant











Un "cas" au cas par cas: Aurélien.



Aurélien est autiste. Il parle peu, émet quelques bruits ou hurle et semble mimer de nombreux     « personnages » dont il ne dit rien directement. Il demande à dessiner régulièrement et son corps est alors apaisé.

Lors de nos premiers entretiens, Aurélien me parle de ses jeux pokémons, de leurs évolutions, des pouvoirs de chacun. Alors que nous sommes assis à une table, il me dit qu’il voudrait « avoir un Pikachu, un Raïchu, un Steelix …» et bien d’autres pokémons mais qu’il ne peut pas. 

Je l’invite à venir avec moi dans la salle ordinateur afin de chercher des modèles sur internet. Il accepte et lorsque nous trouvons le pokémon qui lui convient il souhaite l’imprimer. Malheureusement, l’imprimante est en panne. Je prends une feuille blanche que je pose directement sur l’écran et commence à décalquer l’image. Il m’observe attentivement. Lorsque je termine il dit : « C’est bien ! Ouais ! Super ! Je suis un dessinateur Pokémon et toi aussi ! ». Je répète ses mots : oui, il est bien un dessinateur pokémon et moi aussi. 

Il va colorier son dessin puis le découpe sur le trait avec un soin impressionnant. Dès ce moment, Aurélien n'a plus le corps traversé par les mots des Pokémons, ce n'est plus lui qui bouge mais le dessin qu'il a découpé. A partir de ce jour, Aurélien demande à faire plusieurs dessins selon cette « technique » quotidiennement. Néanmoins, nous avons limité les choses afin qu’il ne se trouve pas encombré et Aurélien l’accepte. 

Un travail d’ "extraction" de ce qui l'encombrait a eu lieu qui permet à cet enfant de ne plus incarner l’un ou l’autre des pokémons. C’est le dessin découpé qui bouge maintenant. Nous pouvons aussi observer que Aurélien nous parle de plus en plus chaque jour et ne crie plus.

Dessiner l’apaise nous l’avions noté. Parler en passait dans un premier temps par le thème des pokémons. Suivre la solution du sujet c’est l’accompagner et lui proposer une connexion inédite à partir de ses mots, ses intérêts. 

Aurélien s’est approprié cette invention. Il est le « dessinateur de pokémons » et exporte cette activité chez lui. Depuis, il parle aussi beaucoup plus à ses parents et ne se replie plus sur sa gameboy pendant des heures.


Travail et Ethique:

"Comment situer aujourd’hui la place de la psychanalyse dans le traitement de l’enfant autiste ? 


Nous proposons 5 axes de réponse : 

        - La formation analytique, c’est-à-dire l’expérience d’une psychanalyse personnelle, donne aux intervenants un outil puissant pour situer leur action auprès des sujets autistes à la bonne distance, en se tenant à distance d’idéaux de normalisation ou de normalité incompatibles avec l’accompagnement professionnel de sujets en souffrance.   

      - Ce respect de la position du sujet est la boussole qui oriente en effet cette action. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant, l’adolescent, être le jouet par exemple de ses stéréotypies, répétitions, écholalies, mais, en les considérant comme un premier traitement élaboré par l’enfant pour se défendre, d’y introduire, dans une présence discrète, des éléments nouveaux qui vont complexifier « le monde de l’autisme ».   

      - L’enjeu est d’abord que puisse se localiser pour l’enfant l’angoisse ou la perplexité que déclenche en lui l’interpellation d’un autre et la mise en jeu des fonctions du corps dans leur lien avec cette demande – se nourrir et se laisser nourrir, perdre les objets urinaires et anaux, regarder et être regardé, entendre et se faire entendre. Les psychanalystes ont depuis longtemps noté la dimension de rituels d’interposition que constituent de nombreux traits symptomatiques invalidants. La création ou la découverte par l’enfant d’un « objet autistique », quelle qu’en soit la forme, est souvent une ressource féconde pour créer des liens et des espaces nouveaux, plus libres des contraintes « autistiques ».   

      - Les psychanalystes ne contestent en aucune façon l’inscription des enfants autistes dans des dispositifs d’apprentissage. Ils mettent au contraire en valeur que le sujet autiste est déjà bien souvent « au travail ». Les autistes dits « de haut niveau » témoignent en ce domaine d’un investissement massif de la pensée, du langage, et du domaine cognitif, où ils trouvent des ressources inédites. Plus généralement, pour tous les enfants, les praticiens cherchent à privilégier les approches pédagogiques et éducatives qui savent s’adapter pour faire une place aux singularités sociales et cognitives des enfants autistes. Enseignants et éducateurs témoignent, au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, de ce qu’ils ont élaboré avec l’enfant ou l’adolescent. 

        - En revanche les psychanalystes s’élèvent avec la plus grande force contre des méthodes dites « d’apprentissage intensif», qui sont en réalité des méthodes de conditionnement comportemental, qui utilisent massivement le lobbying, voire l’intimidation, pour promouvoir des « prises en charge » totalitaires et totalisantes, qui s’auto-proclament seul traitement valable de l’autisme. Loin de cette réduction, il faut différencier les différentes approches de l’apprentissage. Les psychanalystes et les intervenants, regroupés au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, représentant toutes les catégories professionnelles présentes dans le champ de l’enfance, se déclarent tout spécialement attachés, pour les enfants et adolescents autistes, aux systèmes de soin et d’éducation existant en France, tant qu’ils permettent de répartir les responsabilités respectives et différenciées entre les professionnels du soin, de l’éducation, et les parents. "

(...)


La Commission d’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant
Mme Judith Miller (Paris) - Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand)
Dr Daniel Roy (Bordeaux) - Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)



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